À Clermont-Ferrand, le musée d’art Roger Quilliot avance comme un lieu de passage plus que comme un simple écrin patrimonial. Dans l’ancien couvent des Ursulines, le regard circule entre peintures, sculptures, arts décoratifs et textiles, avec cette sensation rare d’un dialogue entre les siècles qui ne cherche jamais à impressionner, mais à accueillir. Peut-être est-ce là sa force : proposer une visite culturelle où l’histoire de l’art devient sensible, incarnée, presque familière.
🕒 L’article en bref
Le MARQ révèle un patrimoine culturel vivant, où les collections uniques croisent aujourd’hui art ancien, art contemporain et textiles extra-européens. Une découverte qui renouvelle le regard sans jamais perdre le fil de la mémoire.
- ✅ Un musée réinventé : Six niveaux d’œuvres du Moyen Âge aux créations récentes
- ✅ Des collections en dialogue : Peintures, sculptures et textiles se répondent
- ✅ Une programmation vivante : Visites, ateliers, conférences et expositions tout au long de l’année
- ✅ Montferrand à explorer : Un quartier historique prolongent la visite culturelle
📌 Le musée d’art Roger Quilliot offre une traversée accessible et sensible, où chaque salle ouvre une nouvelle résonance entre héritage et regard contemporain.
Musée d’art Roger Quilliot à Clermont-Ferrand : un lieu où les siècles se répondent
Ouvert en 1992 dans le quartier historique de Montferrand, le musée doit son nom à Roger Quilliot, ancien maire de Clermont-Ferrand, à l’origine du projet. Installé dans un ancien couvent d’Ursulines du XVIIe siècle, réhabilité par Adrien Fainsilber et Claude Gaillard, il déploie sa présence avec une grande sobriété architecturale, tandis que sa verrière conçue par Peter Rice laisse entrer une lumière presque narrative. Cette matière de pierre et de verre donne au lieu une respiration singulière, propice à la transmission.
Le parcours permanent s’étend sur six niveaux et réunit des œuvres du Moyen Âge à nos jours. Le musée bénéficie du label Musée de France et occupe aujourd’hui une place importante en Auvergne-Rhône-Alpes, non seulement par l’ampleur de ses collections, mais aussi par sa manière d’articuler mémoire locale et ouverture aux horizons plus vastes.
Des collections uniques qui font dialoguer les époques
Le cœur du MARQ tient dans cette circulation entre les formes et les temps. Les œuvres médiévales, comme les Vierges en majesté ou la Frise des abbés d’Ennezat, trouvent leur place auprès de la finesse rococo de Fragonard, des portraits de Chassériau ou des volumes puissants de Bartholdi. Rien n’y est figé : les objets d’art, le mobilier, les arts graphiques et les tissus composent une lecture élargie du goût, des usages et des imaginaires.
En 2025, les collections textiles extra-européennes, auparavant conservées au musée Bargoin, ont rejoint l’ensemble. Cette arrivée change subtilement le regard : elle ouvre des correspondances inattendues entre savoir-faire, continents et usages, et fait du musée un espace où l’on observe moins une chronologie fermée qu’un réseau vivant de résonances.
Ce que l’on rencontre dans les salles du MARQ
Il faut s’arrêter un instant sur la variété des œuvres pour comprendre la portée du lieu. Le visiteur ne traverse pas seulement une suite de chefs-d’œuvre ; il traverse aussi des manières de voir le monde, depuis la ferveur religieuse médiévale jusqu’aux sensibilités modernes, en passant par les raffinements décoratifs du XVIIIe siècle. Une telle diversité raconte quelque chose de précieux : la culture n’est pas un sanctuaire, c’est un lieu de passage.
Cette richesse se lit particulièrement dans la rencontre entre patrimoine culturel et regard contemporain. Le musée ne demande pas au visiteur de tout comprendre d’emblée ; il lui propose plutôt d’entrer dans la matière des œuvres, de laisser agir le silence, puis la curiosité.
| 🎨 Artiste | 🖼️ Type d’œuvre | 📅 Période | ✨ Ce qui retient le regard |
|---|---|---|---|
| Théodore Chassériau | Peinture | XIXe siècle | Portraits habités, souffle romantique et exotisme |
| Auguste Bartholdi | Sculpture | XIXe siècle | Présence monumentale et sens de la forme |
| Jean-Honoré Fragonard | Peinture | XVIIIe siècle | Élégance rococo, légèreté et mouvement |
| Jean-Baptiste Doré | Peinture | XVIIIe siècle | Scènes locales et paysages empreints de mémoire |
- ✅ Peintures anciennes : Des portraits, scènes mythologiques et paysages chargés de mémoire 🎭
- ✅ Scupltures marquantes : Des volumes puissants qui donnent corps à l’histoire 🗿
- ✅ Arts décoratifs : Objets, meubles et usages du quotidien à travers les siècles 🏺
- ✅ Textiles et savoir-faire : Une lecture plus large des cultures et des gestes ✂️
À ce stade, la visite prend une autre profondeur : le regard ne cherche plus seulement la beauté, il apprend à reconnaître la transmission. C’est souvent là que naît le plaisir durable d’un musée.
Expositions et médiation : un musée vivant, ouvert à tous les publics
Le MARQ ne se contente pas de montrer des œuvres ; il construit des passerelles. Visites commentées, ateliers pour enfants, conférences et rencontres rythment l’année et donnent au visiteur plusieurs manières d’entrer dans les collections. Cette approche évite le piège du musée silencieux et lointain : ici, la parole accompagne les œuvres sans les étouffer.
En 2026, la Biennale des textiles extra-ordinaires investit pour la première fois l’ensemble du parcours permanent. Ce choix est loin d’être anecdotique : il invite à croiser la beauté matérielle, culturelle et historique des textiles avec les autres formes d’art. Le musée devient alors un espace de dialogue, où l’ancien ne s’oppose pas au contemporain, mais s’y reflète.
Une programmation qui accompagne la curiosité
Les familles trouvent ici des ateliers adaptés aux enfants, où les gestes créatifs prolongent l’expérience des salles. Les plus jeunes manipulent, dessinent, composent ; les plus grands observent avec davantage de précision. Cette médiation n’a rien d’accessoire : elle donne à chacun la possibilité de construire son propre rapport aux œuvres, sans intimidation.
Les conférences et expositions temporaires, quant à elles, ouvrent le musée à d’autres récits, notamment autour de l’art contemporain ou d’ensembles venus d’ailleurs. Une telle programmation rappelle qu’un musée ne se résume jamais à ses réserves ; il s’écrit aussi dans les échanges qu’il provoque.
Montferrand, un quartier à part entière pour prolonger la visite culturelle
La promenade ne s’arrête pas aux portes du musée. Montferrand, ancien quartier médiéval de Clermont-Ferrand, conserve des ruelles, des façades anciennes et des traces religieuses qui prolongent naturellement la visite. On y sent une densité particulière, comme si les pierres avaient gardé la mémoire des passages successifs.
Entre cafés, petites adresses conviviales et galeries, le secteur invite à ralentir. Après les salles du musée, il est agréable de faire quelques pas, de regarder les façades, puis de reprendre souffle avant une autre découverte culturelle. Pour ceux qui aiment mettre en perspective leur parcours, un détour par les jardins d’Albert Kahn ou par les trésors du musée Bartholdi prolonge utilement cette curiosité pour les lieux où l’art dialogue avec le vivant.
Pourquoi ce quartier mérite autant l’attention que le musée
Parce qu’il donne un contexte, tout simplement. Une collection prend une autre nuance lorsqu’elle s’inscrit dans un paysage urbain qui lui répond : ici, le patrimoine n’est pas isolé, il respire dans la ville. Montferrand rappelle que la visite culturelle peut aussi être une manière de marcher, de regarder et d’habiter un lieu.
Et lorsque le pas ralentit, le regard devient plus disponible. C’est souvent à ce moment-là que le musée continue, discrètement, hors de ses murs.
Repères pratiques pour préparer une visite au MARQ
Situé au 10 rue Saint-Esprit à Clermont-Ferrand, le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. L’accès a été pensé pour accueillir les personnes à mobilité réduite, ce qui s’inscrit dans une idée simple et juste : un lieu de culture doit pouvoir être traversé par le plus grand nombre.
Pour celles et ceux qui souhaitent préparer d’autres parcours muséaux, des comparaisons éclairantes existent, qu’il s’agisse d’une approche plus immersive comme au musée Dalí de Figueres ou d’une lecture plus patrimoniale à travers l’histoire du musée Camondo. Les musées se répondent parfois mieux qu’on ne le croit.
| 📍 Repère | 🧭 Information utile |
|---|---|
| Adresse | 10 rue Saint-Esprit, Clermont-Ferrand |
| Horaires | Du mardi au dimanche, 10h à 18h |
| Accessibilité | Parcours adapté aux personnes à mobilité réduite |
| Atouts | Collections uniques, expositions, médiation et patrimoine |
Pour prolonger cette découverte avec d’autres institutions à forte identité, la page dédiée au musée Opinel et son histoire offre un autre exemple de transmission sensible, à hauteur d’objet et de geste.
Que montre principalement le musée d’art Roger Quilliot ?
Le musée rassemble des peintures, sculptures, arts décoratifs, arts graphiques et textiles, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.
Pourquoi parle-t-on de collections uniques ?
Parce que les ensembles patrimoniaux du MARQ mêlent œuvres anciennes, pièces régionales et textiles extra-européens dans un dialogue rare.
Le musée propose-t-il des activités pour les familles ?
Oui, des ateliers créatifs, des visites guidées et des animations adaptées aux enfants accompagnent toute l’année la découverte des œuvres.
Peut-on associer la visite à une balade dans Clermont-Ferrand ?
Oui, le quartier de Montferrand se prête très bien à une promenade patrimoniale, entre ruelles historiques, cafés et galeries.




